Les éditions

Un certain mémoire... incertain...

À l’origine de l’écrivanalyse - ou dans le cadre de la même recherche mais préalablement -, se trouve mon expérience auto-éditoriale amateure ; autrement dit, celle d’ÉOK : les Éditions Omar Kaczmar.

Durant l’année universitaire 2003-2004, j’ai décidé de soumettre cette dernière à l’épreuve de la réalité professionnelle enseignée dans le cadre du pôle des métiers du livre du département Information-Communication de l’IUT de Ville d’Avray.

Dans le dernier temps de cette formation, j’ai obtenu l’autorisation d’effectuer un stage au sein même d’ÉOK et de rédiger un mémoire essentiellement centré sur la principale problématique vraisemblablement à la base de cette maison d’édition : la reconnaissance de l’écrit.

En filigrane, il s’agissait aussi, en s’appuyant sur un historique et un bilan détaillés de leur activité, d’évaluer la marge de manœuvre des Éditions Omar Kaczmar, dans leur perspective de professionnalisation : les Éditions Œuvres Komplètes.

Aujourd’hui, au moment de prolonger, par ce site et le travail d’invention dont il a vocation à rendre compte, celui entamé ainsi au pôle Métiers du livre de Saint-Cloud, il m’a paru opportun d’y mettre à disposition, dans le même temps, la version téléchargeable de ce mémoire.

Des Éditions Omar Kaczmar d’hier...

La Dédicace

Un hommage en forme... Dommage !

« La Dédicace est un recueil de deux nouvelles.
Dans la première, À maman, et surtout à papa, et surtout à maman..., un hommage se décline. C’est celui du « gamin » qu’est devenu « le bébé ». Celui-ci vit au cœur du trio très fermé formé par ses parents et lui. Quelle que soit la banalité qui traverse le quotidien de cette famille, cette dernière la vit avec une sensibilité extrême où les pleurs ne sont jamais bien loin... d’où qu’ils viennent. Dans Boris du même nom, le second volet de l’ouvrage, le héros, un jeune homme à l’aube de sa vie d’adulte, se lance, afin de se donner le courage de l’affronter, en une ténébreuse exhortation intérieure à l’adresse de son double...

Dans ce recueil écrit juste après l’arrêt soudain de ses études, Ivan Robin veut comme apposer une trace écrite au choix déterminant qu’il vient de faire. Il est évident que la dimension autobiographique présente dans une grande partie de ses écrits y est ici particulièrement marquée. Au moment de couper le cordon avec ses parents, de rompre avec les ambitions qu’ils avaient projetées sur lui, il tient avant tout à les reconnaître - sans doute pour s’aider à mieux se reconnaître lui-même par la suite.

Ainsi, si À maman, et surtout à papa et surtout à maman... est bien la déclaration de gratitude d’un enfant unique qui aime au plus profond de lui ceux-là même devant lesquels il se réjouit pourtant d’avoir enfin osé se dresser, Boris du même nom montre avec la même honnêteté comme se retrouver seul face à son choix pour la création pose dès le premier instant la question d’une nouvelle angoisse... avec laquelle il va pourtant bien falloir aussi à présent savoir composer. » [1]

ROBIN, Ivan. La Dédicace. Paris (43, rue Notre-Dame-de-Nazareth, 75003 - tél : 01 77 10 35 61) : ÉOK, 2001. 101 p.
ISBN 2-9514358-2-7. 8,99 €.

Chant Brian

L’UNITÉ IMAGINAIRE I

« Ian va bientôt avoir trente ans. Depuis l’arrêt brutal de ses études, juste avant leur terme, il mène une vie de doutes et d’atermoiements qu’il traîne avec lui chaque jour et dans toutes ses errances, depuis son travail de fonctionnaire jusqu’à sa cure psychanalytique en passant par ses irrésolutions sentimentales. Seule certitude, son rêve ne le lâche pas. Il veut devenir écrivain, ou plus exactement réussir son mystérieux pari : « le coup d’la Pléiade » ! Et, en réalité, il semble bien difficile de rester indifférent au charme d’un tel projet, même pour une instance habituellement aussi orthodoxement neutre que son analyste, même pour une femme d’ordinaire aussi viscéralement insoumise que Claudia...

Avec Chant Brian, Ivan Robin amorce deux nouveaux aspects fondamentaux de son travail. Tout d’abord, il s’autoédite pour la première fois confondant ainsi délibérément dans sa création l’acte d’écriture et celui d’édition. Compte tenu du rôle majeur joué, à partir de là, dans sa démarche, par la référence à la psychanalyse, c’est d’autant plus essentiel que ce roman constitue, par ailleurs, le premier temps - inconscient, serait-il sans doute juste de dire - d’une trilogie maïeutique, ou, encore mieux, « auto-maïeutique » à venir. La démarche autofictionnelle prend du coup progressivement le relais de la seule autobiographie. Il s’agit clairement désormais de lire dans le texte d’Ivan Robin, les aventures du créateur de son héros tout autant que celles de ce héros lui-même. Les thèmes du narcissisme et du questionnement autour de ses velléités d’auto-engendrement et de leurs périls font, et même si c’est encore avec une certaine retenue, explicitement leur apparition avec ce texte quasi fondateur. De fait, la suite de l’œuvre d’Ivan Robin confirme bien qu’il lui faut désormais (s’)épuiser ces interrogations. [1]

ROBIN, Ivan. L’UNITÉ IMAGINAIRE I : Chant Brian. Paris (43, rue Notre-Dame-de-Nazareth, 75003 - tél : 01 77 10 35 61) : ÉOK, 1999. 158 p.
ISBN 2-9514358-0-0. 14 €.

Livre d’eux (le fait d’attendre)

L’UNITÉ IMAGINAIRE II

« David Féland, le héros fracturé de Livre d’eux (le fait d’attendre) est en plein délire. Il ne sait plus qui il est : lui-même, un écrivain, son personnage, son créateur, l’auteur de son précédent livre - Chant Brian... -, ses nouveaux personnages, son double, celui de son double, ses doubles, son infini ? Lui et ses reflets, ses résonances, tous les personnages du roman, toutes ces répliques de lui-même, débordent et jaillissent en un flot obscène et, du même coup, surtout tragique avec la charge de l’aider à combattre son angoisse. Livre d’eux (le fait d’attendre) en traduit la paroxystique oscillante expression au travers de la permanente hésitation du héros entre deux extrémismes : tout retenir ou tout lâcher... David - ou Ivan... - finit par (re)prendre conscience de son mal. Il finit par comprendre qu’il est - et bien lui ! - cassé. Mais c’est aussi, alors, qu’il peut tenter de se réparer. C’est surtout qu’il est encore en vie.

Avec Livre d’eux (le fait d’attendre), Ivan Robin pousse sans doute à ses limites son exploration autofictionnelle du péril narcissique. Dans la continuation, et, encore mieux, l’amplification de Chant Brian, donc, pour l’intrigue comme pour le style, il s’attache du coup surtout à la dimension pathologique de (son) l’expérience de son héros. Ne présente-t-il pas dans L’éproeuvre de réaliuté l’écriture de ce deuxième roman comme « l’essai de faire connaître au lecteur, de lui faire vivre de l’intérieur, le tourbillon d’une crise d’épilepsie généralisée » ? Il est peut-être important de rappeler à cet égard, compte tenu de toute la dimension « abymée » de son œuvre, qu’Ivan Robin a justement fait sa troisième crise - suivie d’une crise de décompensation - au cours d’une séance chez son analyste, alors même qu’il achevait la rédaction de Livre d’eux (le fait d’attendre). [1]

ROBIN, Ivan. L’UNITÉ IMAGINAIRE II : Livre d’eux (le fait d’attendre). Paris (43, rue Notre-Dame-de-Nazareth, 75003 - tél : 01 77 10 35 61) : ÉOK, 2000. 184 p.
ISBN 2-9514358-1-9. 15,09 €.

... aux Éditions Œuvres Komplètes d’aujourd’hui

L’éprœuvre de réaliuté

La littérature de mémoire contemporaine...

« Ivan Robin aime écrire. Comme beaucoup, il rêve d’en vivre un jour. Dans ce but, il a déjà écrit quatre livres dont trois qu’il a auto-édités. À trente-quatre ans, il n’en demeure néanmoins pas dupe du caractère peut-être illusoire d’un tel projet et décide, afin d’en tester la viabilité, de s’inscrire à l’IUT Métiers du livre de Saint-Cloud. C’est aussi que, de par la configuration particulièrement narcissique de sa structure psychique dont il a pu appréhender la rigidité au cours des cinq années de sa psychanalyse, il a toujours eu cette tendance à vouloir, comme dans une prétention démesurée à l’auto-engendrement, tout maîtriser jusqu’à ses rêves. Ne le voilà d’ailleurs pas, dès sa rentrée à l’IUT, tenter de faire de même avec les épreuves auxquelles il doit se soumettre pour obtenir son diplôme, et notamment le mémoire de littérature contemporaine qu’il lui est demandé de rédiger et qu’il propose de réaliser sur lui-même...

Avec ce dernier roman, Ivan Robin franchit un pas supplémentaire dans son travail d’écriture, et peut-être le plus décisif. On pourrait dire qu’avec L’éprœuvre de réaliuté, il admet enfin la fiction. Enfin, il parvient à faire un début de distinction nette entre le fantasme et la réalité. En effet, que l’on ne s’y trompe pas, la confusion qui règne dans cet ouvrage et dans laquelle le lecteur peut se trouver noyé - comme au fond de « l’océan breton »... - n’est là que pour mieux signifier la familiarité que l’auteur se reconnaît au bout du compte avec autrui : il est comme tout le monde, est heureux comme tout le monde, souffre comme tout le monde. Unique comme chacun. Alors, certes, il lui arrive aussi de croire à son histoire, mais, dans celle-ci, celle qui gagne à la fin, c’est la réalité... » [1]

ROBIN, Ivan. L’éprœuvre de réaliuté. Paris (43, rue Notre-Dame-de-Nazareth, 75003 - tél : 01 77 10 35 61) : ÉOK, 2004. 91 p.
ISBN : 2-9514358-3-5. 10 €.

Faire une quinte de tout

Les premières séances de pause

« Loin de se limiter à un simple recueil de courts poèmes surréalistes, Faire une quinte de tout réunit pour la première fois 125 quintes d’Ivan Robin, écrites chacune à la lumière d’une nouvelle visite, d’une nouvelle séance de pause avec un être à lire entre les lignes. L’aura de tous ces inconnus se dévoile peu à peu, au fur et à mesure de la lecture des pages conçues comme des objets rédigés, reproduisant un extrait d’un texte originellement unique, manuscrit, recto-verso, sorte de cliché littéraire, d’« instantané écrivanalytique » inspiré par une des personnes venues pauser une demi-heure au Point, repère géographique d’Ivan. Mais que se passe-t-il vraiment dans ce lieu où les mots semblent jouer les uns avec les autres, les pages entre elles, et où, visiblement, s’expriment des personnalités ? Que (se) disent-ils ? Qui sont-ils ? Où commence la fiction ? Et la réalité dans tout ça ? La clé de l’énigme se situerait-elle dans la seule quintesse apparemment reproduite dans son intégralité ? Quoi qu’il en soit, l’ouvrage se déploie comme un fascinant kaléidoscope, variation ouverte sur les autres de l’effet-miroir cher à l’auteur, qui ne tarde pas à nous entraîner dans son tourbillon d’identité(s)... »

Manunews

ROBIN, Ivan. Faire une quinte de tout. Paris (43, rue Notre-Dame-de-Nazareth, 75003 - tél : 01 77 10 35 61) : ÉOK, 2012. 168 p.
ISBN : 2-9514358-4-1. 15 €.

Ivan Joseph
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